L’impact de la fraude sur l’activité de l’entreprise

Ces dernières années, nous vivons des temps incertains notamment en raison de la crise sanitaire, de la menace d’une récession mondiale et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, entre autres. Ces périodes d’incertitude sont inévitablement marquées par une recrudescence des risques de fraude au sein des organisations de tous les secteurs.

En 2021, 3 entreprises sur 5 en France ont constaté une augmentation des tentatives de fraude et 1 sur 4 a été victime d’une fraude avérée.

Les répercussions des actes frauduleux varient selon le type de fraude et la taille de l’entreprise affectée. Mais il demeure que l’impact de la fraude va bien au-delà des pertes financières. Ainsi, une compréhension de ces enjeux permet aux organisations de prendre des décisions mieux informées en ce qui concerne la lutte contre la fraude.

Le triangle de la fraude

Les observateurs notent trois facteurs communs dans les cas de fraudes : l’existence d’un motif, d’une opportunité et d’une justification. Ils forment le triangle de la fraude.

La crise sanitaire fait partie de ces événements au cours desquels une recrudescence des cas de fraude et de cybercriminalité a été notée. D’ailleurs, selon une étude menée par Inferensia auprès des entreprises en France en 2021, 50 % des entreprises interrogées ont remarqué une hausse des attaques suivant le recours au télétravail. En effet, pendant cette période d’incertitude, les éléments du triangle de la fraude se sont retrouvés exacerbés, ouvrant la voie à des activités frauduleuses :

Le motif – La difficulté à atteindre les objectifs financiers aurait poussé des employés à adopter un comportement répréhensible. La rationalisation – L’emploi étant menacé, la tentation de falsifier des informations pouvait sembler rationnelle. Les opportunités – Dans un climat de pertes économiques et de licenciements massifs, les ressources principales étant concentrées sur la survie de l’organisation, les autres enjeux tels que les contrôles internes, sont relégués à l’arrière-plan.

 Téléchargez notre étude « Fraude & Cybercriminalité dans les entreprises en France »

Les types de fraude

Les types de fraude les plus fréquents au sein des entreprises sont la fraude comptable, la fraude des clients, le détournement d’actifs, les pots-de-vin et la corruption ainsi que le cybercrime. Selon notre étude, le phishing est le premier type de tentatives de fraude. Ainsi 47 % des entreprises interrogées ont été victimes de fraude aux faux présidents, 46 % de fraude aux faux fournisseurs et 38 % de fraude aux faux collaborateurs. Concernant les cyberattaques, 32 % des organisations rapportent des tentatives d’intrusion dans leur système informatique, 21 % signalent des cas de rançongiciel et 8 % de tentatives de vol ou de destruction de données.

L’impact de la fraude sur les entreprises

La perte financière directe est l’un des risques majeurs qu’encourt toute compagnie victime ou qui commet des activités répréhensibles. Si le montant des pertes dépend de la fraude commise, en moyenne, une entreprise sur trois aurait subi un préjudice supérieur à 10,000€ suivant des cas de fraudes en 2021. D’autres pertes financières telles que les coûts encourus liés aux enquêtes et aux mesures correctives sont envisageables.

La fraude et la cybercriminalité engendrent également des dommages collatéraux autres que financiers. Elle affecte notamment :

Les employés

Les employés sont parmi les premières victimes de la fraude. En effet, selon les nombreuses études menées auprès des entreprises, le moral du personnel serait au plus bas lorsque la compagnie pour laquelle ils travaillent est mêlée à une affaire de fraude ou des soupçons de fraude. Une baisse de productivité et des départs notamment peuvent alors s’accentuer, contribuant à la fragilisation de l’entreprise.

Les relations commerciales

En affaires, les parties prenantes sont de plus en plus soucieuses de traiter avec des entreprises qui défendent les valeurs d’intégrité, de transparence et d’honnêteté. L’émergence d’un cas de fraude au sein d’une entreprise remet en question ces enjeux et fait fuir les partenaires commerciaux ou les potentiels investisseurs. Cela occasionne une perte d’opportunités commerciales et de compétitivité. Les relations avec les autorités régulatrices en pâtissent aussi.

La réputation

Selon une enquête menée par le Forum économique mondial auprès de PDG et dirigeants d’organisations du monde, la réputation des entreprises est une mesure de réussite plus importante que les performances boursières, la rentabilité et le retour sur investissement. Une solide réputation inspire la confiance aux investisseurs, recrues potentielles, clients et autorités régulatrices et booste les activités des entreprises.

Des poursuites judiciaires suivant des cas de fraude ou la mise en évidence de systèmes de contrôle interne peu fiables, entre autres, entraînent des dégâts parfois irréparables à l’image d’une entreprise et sa marque. Il devient alors difficile pour l’entreprise de retenir ses collaborateurs et clients et les actionnaires actuels sont démotivés. Les risques de réputation menacent l’existence même des entreprises.

Comment déjouer les tentatives de fraude ?

Aucune entreprise n’est à l’abri de la fraude. La criminalisation de la corruption et des actes frauduleux dans le secteur privé au pénal et au civil a des effets dissuasifs. Toutefois, chaque entreprise a le devoir de mettre en place des mesures internes qui garantissent l’intégrité et l’éthique.

  • Construire une culture de tolérance zéro à la fraude

Le top management doit « donner le ton »  en faisant preuve d’éthique et en adoptant une approche aussi réactive que proactive face aux risques de fraude. Cela permet d’établir un climat de confiance au sein de l’entreprise où tout acte frauduleux peut être dénoncé et sera puni. D’ailleurs, dans 80% des cas, les fraudes sont déjouées suivant une initiative personnelle ou une réaction humaine.

  • Connaître ses « ennemis »

Les fraudeurs peuvent être des sources internes, en particulier des membres du personnel junior et des cadres intermédiaires, ou externes, soit des clients, hackers, fournisseurs, ou encore une collusion entre les deux sources. Dans une étude publiée en 2022, PWC note une montée en puissance des menaces provenant des agresseurs externes. Le combat contre la fraude doit donc être adapté à ces fraudeurs qui sont hors de portée du management.

  • Penser data-driven

A l’heure de la digitalisation des activités et services, il est essentiel d’améliorer ses outils et compétences numériques, notamment à travers

  • L’adoption d’une stratégie data : la centralisation des données permet de détecter les schémas d’activités frauduleuses et de signaler les atteintes.
  • La consolidation du dispositif technique et de sécurité IT : 47 % des entreprises le font déjà.
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